Appel d'une mère pour sa fille
Article publié sur le site du quotidien régional l'union Champagne-Ardenne Picardie
Laon l'appel d'une mère appel du maire Une bouteille à la mer
Handicapés : l'appel d'une mère
Martine Koc est la maman d'une jeune femme, Laura, tétraplégique. Si elle admet que la ville fournit beaucoup d'efforts pour améliorer le quotidien des personnes à mobilité réduite, elle aimerait encore faire bouger les mentalités. Elle en appelle aux bonnes volontés.
NI positive, ni négative, Martine Koc se veut. réaliste.
Depuis trois ans, sa fille, Laura, est atteinte d'une maladie orpheline le LED (lupus érithomatheux disséminé), qui la contraint de se déplacer à l'aide d'un fauteuil roulant. Une situation pour le moins pénible pour cette jeune femme âgée de 18 ans qui, avant que le mal survienne, mordait la vie à pleines dents avec l'énergie d'une adolescente.
« Du jour au lendemain, il a fallu s'organiser et apprendre à passer outre toutes les difficultés qui se présentent aux personnes à mobilité réduite. Tant que l'on n'est pas concerné, on ne voit rien, mais le jour ou cela vous arrive, on est obligé de regarder les choses autrement. », lance Martine, réaliste.
Bon point
Mais selon elle, « regarder les choses autrement » ne signifie pas forcément critiquer à tout va et, peut-être un peu paradoxalement, Martine Koc en veut surtout aux personnes « qui ne se rendent pas compte des efforts qui sont réalisés dans ce domaine par la ville de Laon ».
Elle précise :« lorsque j'ai rencontré le maire, Antoine Lefèvre, pour lui parler de mes problèmes, il les a tout de suite pris en considération. Cela est allé de la création d'une place de stationnement devant mon domicile, à la recherche d'une maison plus spacieuse et mieux adaptée au nouveau quotidien de Laura. Mais au-delà de mon cas particulier, j'ai pu également constater que la plupart des trottoirs qui ont été refaits prennent en compte les nouvelles normes pour les handicapés et, grâce à cela, Laura peut sortir de la maison et effectuer une vraie promenade en ville ».
Un bon point donc pour la municipalité, même si Martine admet qu'il reste encore pas mal de choses à faire.
Véhicules, rampes d'accès.
« Mais à la critique, je préfère l'action. Et comme j'ai pu me rendre compte que lorsque l'on s'adresse aux bonnes personnes, on obtient gain de cause, je me dis que le plus simple serait de monter une sorte d'association, ou un groupe de parole, afin de faire remonter toutes nos préoccupations ». La démarche est courageuse, et Martine espère bien que son appel - puisque c'en est un - sera suivi d'effets.
Dans sa lutte pour une amélioration de la qualité de vie des handicapés, c'est la location de véhicules adaptés qui arrive en tête.« Évidemment, il existe bien les ambulances, mais ce n'est pas facile pour une jeune femme comme Laura de devoir prendre ce type de véhicule pour aller faire du shopping. Je pense qu'elle n'est pas la seule à raisonner de cette façon. Peut-être qu'en nous groupant, nous pourrions par exemple inciter une société de location à se doter de ce type de voiture(s) ».
Autres mesures qu'elle aimerait voir adopter : la préservation des places « handicapés » les jours de marché, la création de rampes d'accès devant les immeubles de la ville, un emplacement spécifique dans les salles de cinéma, du personnel spécialisé à la piscine. La liste est longue et extrêmement motivée. « Je me dis que d'autres personnes, d'autres familles dans la même situation partagent peut-être les mêmes idées. Alors pourquoi pas se rencontrer et faire bouger les choses ? ».
L'appel est lancé.
Nicolas Fostier
Martine Koc;: «;J'aimerais rencontrer le ministre de la Santé, Xavier Bertrand Laon
Femme courage non mère colère oui
Martine Koc se bat depuis plusieurs années pour la place des handicapés à Laon. L'incivilité et le manque de structures adaptées font partie des difficultés qu'elle et sa fille, Laura, rencontrent quotidiennement. Elle pousse un nouveau cri de colère.
NON, Martine Koc n'est pas courageuse. C'est elle qui l'affirme. Elle est en colère, voilà tout et c'est certainement cette même colère qui la pousse aujourd'hui à être une mère exemplaire pour sa fille, Laura, 19 ans, tétraplégique à la suite d'une maladie.
« Je déteste que l'on me dise que je suis courageuse. Il y a derrière ce qualificatif une notion de pitié que je n'aime pas et que ma fille n'aime pas non plus. Ce que nous voulons, c'est pouvoir vivre normalement. Pouvoir profiter des mêmes plaisirs que les gens valides, voilà tout ».
Martine pourrait être également rangée dans la catégorie des éternelles râleuses.
Mais comment lui donner tort lorsqu'elle fait part de son quotidien et de celui de Laura dans une ville où, malgré tous les efforts consentis par la municipalité, la place des handicapés ressemble à un véritable calvaire. Et les fêtes de fin d'année sont loin d'arranger les choses.
Insultes
« On nous parle, depuis quelques jours, des automobilistes qui se promènent avec de faux macarons pour pouvoir utiliser les places réservées aux personnes non valides. Hélas, le problème ne se limite pas à ces fraudeurs. Allez vous promener sur les parkings des centres commerciaux, le week-end, et jetez un ½il sur les voitures stationnées sur ces zones pourtant parfaitement matérialisées, vous serez surpris. Certains poussent même le luxe jusqu'à se garer sur les zebra censés permettre d'embarquer ou de débarquer un fauteuil. La semaine dernière, faute de places, nous avons dû faire demi-tour. ».
Même constat au pied de son immeuble où le même emplacement est souvent occupé par une voiture appartenant à une personne valide.
« Faut-il se plaindre ? Je ne sais plus, car lorsque j'ai l'audace de le faire, on me répond souvent par des insultes ».
Hospitalisation
Un quotidien difficile donc, qui le devient davantage encore lorsque Laura a besoin de soins spécifiques.
Une nouvelle fois Martine Koc en a fait la douloureuse expérience voilà quelques jours.
Alors que sa fille -brillante élève de 1re S dans un lycée spécialisé de Berck- se faisait une joie de rentrer en famille, on a dû lui expliquer que les soins de kiné dont elle a besoin chaque jour ne pourront pas lui être prodigués dans sa ville.
La seule solution serait de l'hospitaliser à Saint-Gobain durant ses 15 jours de repos.
« Imaginez un peu les vacances !. », s'indigne Martine.
Enfin, cette dernière s'étonne qu'une loi votée il y a plusieurs années maintenant, portant sur l'aide à domicile accordée aux familles comptant un membre malade ou handicapé, ne soit toujours pas appliquée.
« J'aimerai que le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, m'explique. Je voudrais le rencontrer et lui exposer clairement quelles sont mes difficultés et celles de ma fille. Lui faire comprendre que nous avons besoin d'une telle aide. J'espère qu'il entendra cet appel et qu'il me répondra. ».
Nicolas Fostier
Martine Koc a pu rencontrer Xavier Bertrand en tête-à-tête Laon
Elle a réussi à rencontrer le ministre
Dans nos colonnes du vendredi 5 janvier, Martine Koc, qui se bat notamment pour sa fille Laura, âgée de 19 ans et tétraplégique à la suite d'une maladie, indiquait qu'elle souhaitait rencontrer le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, pour lui parler notamment d'une loi votée, mais pas appliquée.
Vendredi justement, le ministre était en déplacement à Laon, au Crédit agricole. Martine Koc a attendu sagement, mais fermement. Et finalement, elle a obtenu un tête-à-tête avec le ministre.
« J'avais fait la promesse à ma fille », dit-elle. L'entrevue, selon elle, s'est très bien passée.
« Je lui ai notamment parlé des emplacements handicapés et du fait que je comptais contacter le maire de Laon à ce sujet. »
Mais Martine Koc lui a aussi surtout parlé d'une loi qui lui tient à c½ur, votée en février 2005, permettant à des familles avec une personne handicapée, désirant équiper un logement en conséquence de bénéficier d'une aide.
« J'ai monté un dossier à ce sujet auprès de la maison départementale des personnes handicapées. Car nous allons déménager en mars dans un logement de l'OPAL spécialement adaptée pour Laura. Nous avons néanmoins besoin de matériel. Nous avons cependant reçu une réponse de la MDPH nous disant que pour l'heure notre dossier était en suspens car les décrets d'application de la loi n'étaient pas publiés. J'ai demandé au ministre de faire vite. »
Un bus pour handicapés
Martine Koc lui a aussi parlé des difficultés au quotidien rencontrées pour les familles avec une personne handicapée ou par les handicapés eux-mêmes. « Quand au bout de trois ans, vous remplissez des dossiers pour un même organisme et que vous êtes obligé de redonner toujours et encore les mêmes renseignements, notamment comment le handicap est-il survenu, vous n'en pouvez plus. »
Pour finir, Martine Koc a encore évoqué son projet, via peut-être une association, de permettre la location de véhicules pour handicapés, sans chauffeur.
« Cela n'existe pas. Il faut passer par des ambulances et cela coûte sans doute plus cher à la collectivité. J'aimerais voir comment on pourrait mettre en place cela sur Laon en partenariat pourquoi pas avec des ambulances ou des sociétés de location de véhicules. J'aimerais aussi avoir sur Laon un bus qui transporte des handicapés. »
Article publié sur le site du quotidien régional l'union Champagne-Ardenne Picardie